Daniel Lachana est, avec ses enfants Guillaume et Bastien le co-gérant de Green Style. Ouvrier paysagiste de formation, il développe avec passion et méthode l’entreprise depuis 40 ans pour en faire un fleuron des entreprises du paysage de la région Auvergne Rhône Alpes. 1ère entreprise française labellisée qualipaysage, l’entreprise spécialisée dans l’aménagement et entretien d’espaces-verts, intègre le génie écologique, les terrains de sport, l’élagage et le soin des arbres, et se distingue par des chantiers d’une grande complexité comme la forêt d’Asie dans le parc de la tête d’or.

Vous avez fait grandir l’entreprise Green Style et vous intervenez sur tous les fronts en matière de réalisation. Quelle est votre motivation et comment la transmettez-vous à vos équipes ?

Ma passion première, c’est la nature. L’agronomie et le végétal sont à la source de la vie. Sans végétal, sans micro-organismes dans le sol, la vie animale est impossible. J’ai toujours été attiré vers les grands espaces et n’aurais pas supporté de rester enfermé toute la journée dans un bureau ! J’ai besoin d’extérieur et de contacts avec les équipes et les chantiers que l’on réalise. La rigueur ensuite, pour que la qualité de nos aménagements soit irréprochable et que la nature se redéploie là où elle a souvent disparu ; l’attention à l’autre, clients, partenaires, fournisseurs, employés aussi, car on ne produit rien de vertueux et pérenne sans respect et attention ; le travail enfin, une envie autant qu’un besoin quotidien. Je suis fils d’artisans boulangers-pâtissiers qui m’ont transmis ce goût du travail comme source d’épanouissement. Ce sont des valeurs contagieuses chez Green Style ! Je recrute beaucoup de jeunes, en apprentissage, parfois même avant le bac, et je les entraine dans ce triptyque passion pour la nature – jardin, rigueur et travail qui génère de l’ambition pour l’entreprise et pour chacun et chacune. C’est une dynamique positive y compris pour la génération Z !

L’entreprise a un rôle majeur à jouer, avec les contrats en alternance et l’apprentissage pour faire grandir les jeunes.

Comment favoriser la cohésion du groupe et l’épanouissement de chaque collaborateur en 2026 ?

Aujourd’hui, avec 140 salariés (et 30 millions de chiffres d’affaires), nous investissons tous les jours dans le collectif. Mes deux fils, également formés au management, m’ont rejoint en 2017. Ils contribuent grandement à cet épanouissement. Et depuis 4 ans, avec Gary Radix, responsable RSE, nous avons mis en place des chantiers internes pour favoriser cette cohésion : communication interne et externe, organisation des liens entre les salariés avec des groupes whatsapp très efficaces, rites de rencontres, reconnaissance individuelle et collective du travail de chacun, des exploits quotidiens célébrés et partagés. Le partage et l’échange construisent une conscience collective.

En favorisant le sentiment de fierté d’appartenance, en s’appuyant sur des valeurs humaines et techniques fortes, nous consolidons le groupe et avons très peu de turnover.

Nous veillons aussi au bien être : deux coachs sportifs, un espace bien être avec des séances de massage, d’ostéopathie et de réflexologie… Les salariés attendent autre chose que des babyfoots ! Face aux conditions des chantiers parfois difficiles, à une météo capricieuse, l’accompagnement au bien être corporel ne relève pas du superflu : les salariés se sentent mieux physiquement et moralement. Tout est lié.

Comment définissez-vous le leadership ? Quel est votre profil de leader ?

Le leader doit être exemplaire dans sa façon de conduire l’entreprise. Je suis présent, le matin avant 7 h pour accueillir les équipes autour d’un café et veille à la complémentarité entre les services pour collaborer avec efficacité. Je reçois les salariés qui me le demandent.

Face aux difficultés sociales, l’entreprise est aussi là pour tendre la main sans s’immiscer dans leur vie personnelle.

Le leader se reconnait à travers la relation humaine qu’il construit avec ses équipes. Mieux les connaitre, mieux les comprendre, apprendre la tolérance. Plus aujourd’hui qu’hier. Ce n’était pas ma qualité première ! (Rires).

Vous avez mis en place un dispositif de formation pour vos salariés. Comment fonctionne – t-il ?

Nous sommes sur un secteur de métiers en tension. Or, les programmes de formation de l’éducation nationale et du ministère de l’agriculture sont inadaptés à nos entreprises du paysage car trop théoriques et scolaires. J’ai contribué à la mise en place de Formapaysage, il y a près de 30 ans, à l’initiative des entreprises de la région lyonnaise. Nous siégeons au bureau de l’association où je délivre parfois des formations. Ce centre de formation est adossé à un GEIQ (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) dont je suis également administrateur, qui assure l’insertion de publics en difficulté. La complémentarité de Formapaysage et du GEIQ emmène beaucoup de jeunes vers des emplois durables en 9 mois. Nous remplissons nos clauses d’insertion pour les marchés publics et identifions des personnes motivées que nous avons la capacité de faire grandir dans nos structures. Formapaysage assure également des formations continues et complémentaires pour nos salariés. Enfin, Green Style délivre un travail de formation interne sur le terrain, une forme de compagnonnage des plus expérimentés auprès des plus jeunes. C’est une exigence du quotidien, qui contribue là encore à l’épanouissement individuel. Aujourd’hui, les formations s’orientent beaucoup sur des questions environnementales pour sensibiliser nos équipes aux enjeux du développement durable, sujet stratégique dans nos opérations. Gary, notre responsable RSE est aussi apiculteur passionné. Ses abeilles pollinisent les végétaux sur notre dépôt et servent de support à des temps de sensibilisation pour nos équipes, au plus près des enjeux liés au bon développement du végétal.

Le paysage est-il un métier d’avenir pour les jeunes en quête de sens ?

Nous sommes des métiers du vivant, de l’agronomie, du végétal et de la botanique. Cette palette d’activités donne du sens aux jeunes et leur offre des perspectives de diversification : le travail de la terre, le soin apporté aux végétaux, l’élagage, la maçonnerie paysagère, le dallage-pavage, la réalisation de murets, l’hydraulique, la fontainerie, la brumisation, la plomberie, l’électricité, le terrassement, le petit VRD, sans oublier le génie végétal et écologique : nous travaillons aussi dans des milieux naturels comme les rivières, les étangs et les lacs où nous conduisons des actions décisives en matière de biodiversité. Les jeunes salariés apprécient le sens donné à l’action et la diversité des métiers ; ils n’ont pas le temps de se lasser !

Une de vos innovations porte sur un sol vivant et la production de terre fertile. En quoi est-ce innovant et utile ?

La terre végétale s’est façonnée sur des centaines de milliers d’années. Nous ne pouvons pas indéfiniment l’exploiter en l’extrayant des milieux naturels à 30 ou 40 km de nos chantiers pour la transporter dans les milieux urbains. C’est une ineptie écologique. Or c’est notre matière première. Nous avons élaboré une recette et des méthodes : des matériaux issus de terrassements (voiries futures et bâtiments…) sont caractérisés par des ingénieurs agronomes de l’entreprise « Terre fertile », dont nous sommes actionnaires, transportés et stockés sur des plateformes à proximité de nos chantiers d’aménagement. Mélangés avec du fumier et du compost, disposés en andains, aérés par des micro-organismes et le système racinaire des végétaux que l’on sème en surface, ces terres inertes se transforment en terres fertiles en 1 an de maturation. Aujourd’hui, près de 30% des terres que nous utilisons proviennent de ces nouveaux gisements. Nous voulons faire évoluer les pratiques pour produire des terres ressources, indispensables à la vie de nos entreprises et réduire ainsi notre bilan carbone.

Nos métiers exigent de la patience, pour la pousse des végétaux, la transformation des terres inertes en terres fertiles…et la formation de nos jeunes.

Quelles sont les perspectives de l’entreprise Green Style face au réchauffement ?

Notre entreprise du paysage a le devoir d’être vertueuse. Nous intégrons le génie végétal comme solution pour améliorer les milieux, gérer les eaux pluviales naturellement et protéger la biodiversité, faisons évoluer les palettes végétales pour les adapter aux conditions climatiques et au réchauffement, en concertation avec les maitres d’œuvres, les maitrises d’ouvrages et nos confrères pépiniéristes…. La vertu, pour l’avenir, c’est aussi de coproduire des solutions. Nous investissons dans la sensibilisation de nos équipes, pour faire grandir nos salariés. Nous électrifions notre parc de voitures et installons des panneaux solaires sur nos toitures. Avec l’aménagement de terrains de sport, d’espaces publics dans le centre des villages, la réalisation d’aires de loisirs, des voies lyonnaises pour les cyclistes sur les quais du Rhône ou des interventions sur le parc de la tête d’Or, poumon vert historique de Lyon, notre objectif est de jouer un rôle déterminant aux côtés des collectivités pour adapter les espaces urbains au réchauffement climatique et les rendre plus respirables, plus harmonieux et plus agréables à vivre.

A relire :
Marie Alméras : accélérer l’insertion sociale, économique et républicaine des jeunes par une solution de logement intégratrice et conviviale.
Franck Couturieux : un parcours au service du vivant.
Jean-Philippe Courtois : révéler le potentiel entrepreneurial de jeunes venus de tous les horizons

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Daniel Lachana
Président de Green Style