Président d’Evolem depuis octobre 2020, Nicolas Rousset prend la relève de Bruno Rousset pour déployer une dynamique d’investissement nourrie des valeurs entrepreneuriales portées par son père. La création du fonds de dotation Domorrow, dont il assure la présidence du conseil d’administration, conforte l’orientation sociale et environnementale de l’entrepreneuriat porté par l’écosystème Evolem. Bilan et perspectives.

Quel bilan faites-vous un peu plus d’un an après votre arrivée à la direction opérationnelle d’Evolem dont vous êtes aujourd’hui Président ?

Ma mission est d’assurer la continuité et de projeter l’équipe vers l’avenir, dans le respect de la vision de son fondateur, Bruno Rousset. En un an, nous avons travaillé sur la gouvernance, renforcé la dimension familiale avec mes frères et sœur majeurs réunis dans un conseil de surveillance. Nous avons continué à projeter l’équipe dans une dynamique de soutien aux projets d’intérêt général et déployé le fonds de dotation Domorrow. Nous portons les valeurs de l’entrepreneuriat citoyen inculquées par notre père, des valeurs qui ne rayonnent pas uniquement à partir de l’action philanthropique mais aussi de toutes les activités d’Evolem et de nos investissements. Nous devons faire face à de grands défis climatiques et sociaux, l’engagement actionnarial peut être un levier efficace pour les relever, même s’il faut pour cela faire preuve d’une conviction sans faille et d’une farouche volonté de réussir car tout n’est pas simple. Combiner RSE et performance économique est le pari que nous devons réussir.

Un pari à relever en famille ?

Oui, Evolem est un family office. Nous sommes les dépositaires de ce qu’a construit Bruno Rousset et, dans mes fonctions, je me considère au service de la famille. Je rends compte à mes frères et sœur, prends leur avis et donne une orientation qui correspond à la vision de tous. Être un family office, cela va bien au-delà de gérer le patrimoine de Bruno Rousset, c’est beaucoup plus fort que ça. Mon père a créé Evolem pour œuvrer dans le domaine de l’économie, de l’emploi, de la philanthropie, pour les jeunes, avec cette volonté de permettre à chacun d’accéder à un travail décent, de développer une croissance responsable… Il a aussi inspiré de nombreux entrepreneurs.

Nous allons continuer à faire vivre ces valeurs et cet état d’esprit.

Je m’appuie aussi sur le réseau des personnes qui ont travaillé avec lui, je m’inspire des ouvrages qu’il nous a offerts régulièrement. Et puis, souvent, je me pose la question : que ferait-il à ma place ?

Pour Bruno Rousset, votre père, entreprendre est l’expression d’une envie de changer le monde. De quelle manière cela résonne-t-il en vous ?

Nous avons régulièrement des discussions avec mes frères et sœur sur la meilleure façon de changer le monde. Est-ce par la philanthropie ou est-ce par l’économie ? Pour moi, les deux ont un rôle à jouer. La philanthropie peut permettre d’innover et de bouleverser certains modèles qu’il ne serait pas possible de faire émerger directement dans l’économie traditionnelle. Toutefois, c’est l’économie qui prendra le relais et fera en sorte de transformer durablement le monde sans sacrifier des acquis. Beaucoup de créateurs des entreprises dans lesquelles nous sommes actionnaires ont des convictions et l’envie de les faire vivre. Ce n’est pas toujours facile parce que cela peut générer la crainte de dégrader la rentabilité, mais il y a une vraie volonté d’agir. L’enjeu, au final, est toujours de concilier le court et le moyen/long terme, de trouver le point d’équilibre. Chez Evolem, nous discutons beaucoup du sujet de l’ESG, la performance environnementale, sociale et de gouvernance et non plus uniquement financière. Nous souhaitons nous engager avec des entreprises qui sont déjà sensibles à ce type d’approche afin de travailler avec elles pour aller encore plus loin.

Le fonds de dotation Domorrow est aussi un moyen d’aller plus loin ?

Depuis de nombreuses années, mon père nous parlait de valeurs de partage, de redistribution, il nous citait des exemples, Warren Buffet ou Bill Gates avec la Giving Pledge à l’américaine mais aussi Muhammad Yunus. Fin 2018, à Noël, il nous a dit « il faut qu’on crée quelque chose, j’ai trouvé des personnes pour nous accompagner, maintenant c’est à vous de jouer, c’est votre projet pour rendre à la société, pour faire bénéficier les autres de la chance que j’ai eue ». C’était aussi simple que cela. Nous avons fait des voyages en famille pour aller rencontrer des porteurs de projets fantastiques pour nous inspirer. Nous en soutenons certains aujourd’hui. Je suis très heureux d’avoir pu mener à bien ce projet qui va continuer à grandir en lien avec Evolem car je suis convaincu de l’intérêt de créer durablement des passerelles entre les deux activités.

La volonté de créer des passerelles est très présente dans votre approche…

Les connexions, les mises en relation peuvent faire émerger de beaux projets.

Nicolas ROUSSET

Nous avons constitué une équipe philanthropie au sein d’Evolem pour faire vivre une dynamique de RSE transversale aux fonds de dotation et aux différentes branches d’investissement Start, Plateforme, Immobilier. L’objectif est de développer une stratégie cohérente d’investissement et de soutien à des projets originaux, ceux qui peuvent changer les modèles. Il y a beaucoup de choses intéressantes à développer alors je dis souvent : « faisons des connexions, cela pourra être intéressant, on plante des graines, certaines vont pousser, d’autres non ». Mon père aussi a toujours eu une idée à la minute, c’est une belle manière de poursuivre l’aventure avec l’équipe.

image
Nicolas ROUSSET
Président
Société
Evolem
Fonds de dotation
Domorrow

Logos d'Evolem et de Domorrow